Dernier cri:
Des lunettes pour se faire voir
Isabelle Massé
Mel B des Spice Girls les montre avec
audace. La chanteuse américaine Lisa Loeb ne sort jamais sans ses Gucci. Ici,
Nancy Dumais ne regarde son public qu’à travers elles. Alanis Morissette et
Sylvie Paquette ne se gênent pas non plus pour se les accrocher aux oreilles.
Alors que plusieurs les portent encore en catimini, enfermées à double tour
dans leur salle de bains, de plus en plus de vedettes féminines s’affichent
devant les caméras, sourire aux lèvres, lunettes sur le nez. Fini le culte des
lentilles 24 heures sur 24. On enfile nos verres correcteurs quand ça nous plaît.
Et nos chanteuses servent de modèles. «Lors d’une séance d’autographes,
un homme m’a confié que sa fille n’était plus triste de porter ses
lunettes depuis qu’elle m’avait vue», mentionne dame Dumais. Autres temps,
autre attitude: quelques années plus tôt, un juge à un concours lui faisait
remarquer qu’il y avait des reflets désagréables dans ses verres pendant sa
prestation!
Maintenant, on a l’embarras du choix. Merci aux Gaultier, Gucci et Armani qui
ont élargi, il y a quelques années, le faible éventail destiné aux
malheureuses myopes. Ce printemps, les marques l.a. Eyeworks et Oliver Peoples
font la joie de nos pupilles. Les montures convoitées sont vert lime, souvent
bicolores, même interchangeables, et s’agencent à merveille avec notre...
vernis à ongles! «Aujourd’hui, les gens voient les lunettes comme un
accessoire mode», constate Sherif Laoun, de l’éclatant et éclaté Georges
Laoun Opticien, rue Saint-Denis, à Montréal. «Ils en achètent trois, quatre
paires à la fois.» Iront-elles jusqu’à remplacer notre passion pour les
chaussures?
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