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30 septembre 2002

Photo: © Claudine Sauvé 2002

«La cuisine est la seule chose pour laquelle je n'éprouve jamais de paresse»

C'est autour d'un bol de soupe, après une répétition, que j'ai retrouvé Nancy Dumais pour parler cuisine. Un sujet de prédilection pour celle qui rêve d'ouvrir un jour son bed and breakfast et d'y faire la cuisine. «Si j'avais dix ans de moins, j'ouvrirais même un restaurant», dit-elle. «Les vêtements et la bouffe sont les deux choses pour lesquelles je ne regarde pas trop à la dépense», avoue-t-elle. «S'il n'en tenait qu'à moi, je cuisinerais tout le temps; c'est ce que j'aime faire le plus outre chanter». 

«La cuisine, c'est la seule chose pour laquelle je n'éprouve jamais de paresse. Depuis toujours, je prends le temps de préparer mes repas. J'aime ça pas seulement parce que c'est agréable au goût mais aussi parce que c'est plaisant de faire des belles assiettes». 

Bien qu'elle ne suive pas de régime, elle n'abuse pas non plus de son péché mignon. «Je dois faire attention à ce que je mange parce que j'aurais tendance à grossir facilement. Mais je me laisse le week-end pour m'offrir tout ce qui me fait envie parce que la nourriture, c'est vraiment ce qui me donne le plus de plaisir dans la vie».


Telle mère, tel fils
Depuis qu'elle est maman, elle a de l'aide à la cuisine. Emile, son fils de près de trois ans, a de qui tenir. S'il aime chanter comme maman, et jouer du yukulélé, c'est aussi un expert marmiton! «Depuis qu'il est tout petit, il grimpe sur le comptoir et m'aide à couper les légumes, il met les pâtes dans l'eau... Il mange vraiment de tout, et particulièrement ce que détestent les enfants. À tel point qu'il faut que je fasse attention parce qu'il ne mangerait que des légumes! Il aime aussi le fromage de chèvre, les oignons crus, la ciboulette, il met des herbes ou du poivre sur sa nourriture... Je n'ai jamais eu à me battre pour qu'il goûte de nouveaux aliments, c'est le bonheur!». 

Nancy, qui nous vient de Jonquière, confie que la fibre culinaire de son fils tient sûrement d'elle plutôt que de son copain. «Le père d'Emile mange comme un chat ou un chien... Il avale sans vraiment goûter. Ça me tue!», dit-elle en riant. Cela dit, elle reconnaît ses propres imperfections, n'étant pas très douée pour les desserts, par exemple, «parce qu'il faut que tout soit mesuré. Moi, la bouffe, je la prépare avec ce qu'il y a dans le réfrigérateur et je ne suis jamais de recettes parce qu'à mon avis, il n'y a pas de recette parfaite». Enfin si il y a bien une chose qu'elle réussit, en digne fille du Lac-Saint-Jean, c'est la tarte aux bleuets!

Une passion depuis l'enfance
Plus qu'un hobby, la cuisine est pour Nancy Dumais une passion qui remonte à l'enfance. Elle a arrêté l'école assez tôt et s'est retrouvée à 15 ans à cuisiner dans des restaurants de sa région. «Je faisais les gros menus du jour, de l'entrée au dessert. Je n'ai donc pas de difficulté à gérer des banquets. Je peux fournir 50 personnes, s'il le faut». 

Ses souvenirs d'enfance ne manquent pas de piquant, d'ailleurs. «Au Lac-Saint-Jean, le brocoli et bien d'autres légumes sont arrivés tard. On jonglait comme tout le monde avec le steak haché-navets-carottes-patates pilées, mais ma mère m'a toujours laissé faire mes expérimentations. J'ai tellement gaspillé de bouffe à Noël… J'ai confectionné des bûches roses ou vertes avec plein d'ingrédients qui n'allaient pas ensemble! Ma mère les mettait au congélateur et les jetaient six mois après mais elle ne me chicanait jamais pour ça. Mes souvenirs cocasses liés à la bouffe, ce sont vraiment ces trucs immangeables et d'une couleur indéterminée dans le congélateur!».

Impressions gastronomiques
Elle adore
: les sushis depuis deux ans, la cuisine française, indienne et mexicaine. Le magret de canard. Les vieux portos avec de la crème glacée à la vanille.
Une journée de rêve pour elle: aller se faire masser et manger chez Toqué! dans la foulée.
Elle n'aime pas nécessairement les grands restaurants, l'essentiel, c'est la qualité et le respect du produit. «La poutine chez Mme Bolduc, rue De Lorimier, est vraiment bonne et ça suffit à mon bonheur si j'ai envie de ce type de plat». 
Elle déteste… les crevettes avec les yeux, les rognons et le foie. «Et puis, les patates pilées avec des mottons, ça m'insulte!».
Son expérience culinaire la plus insolite: manger du steak d'autruche à Saint-Malo. 
Son meilleur sens? Sûrement pas sa vision. «Il paraît qu'on développe d'autres sens quand l'un d'eux nous fait défaut. Certains musiciens ont l'oreille absolue, moi j'ai le pif en cuisine!»

Véronique Couzinou