Showbizz.net
15 février 2001
Un nombril sans mousse

Nancy Dumais évolue. C'est déjà beaucoup. Mais en plus, c'est bon !

Ce qui arrive actuellement avec les parutions de musique québécoise laisse songeur. Y a-t-il une véritable évolution des sonorités d'ici, une ouverture sur le monde et une alternative valable à la musique folk-pop qu'on est habitué d'entendre?

C'est ce que laissait croire les dernières parutions d'Okoumé, de Loco Locass, de Coléoptère et de Stefie Shock. Que Nancy Dumais s'ajoute à cette liste est assez étonnant mais aussi réjouissant. N'exagérons pas l'importance de cette parution mais avouons que LE NOMBRIL recèle de très bonnes pièces pop. Évidemment, il ne s'agit pas d'un changement de son aussi drastique que celui fait par Okoumé, mais les pièces de cet album ne se contentent pas d'être de « jolies petites orchestrations » pour abrutir les foules. Il s'agit du résultat le plus tangible des collaborations de Michel Pépin et Toby Gendron à la réalisation du disque.

Le critique regrettera que le virage n'ait pas dépassé le demi-virage puisque plusieurs pièces demeurent dans la ligné pop ; mais les fans de Nancy Dumais se réjouiront du fait qu'il n'ait pas été plus prononcé. La jeune femme a réussi à évoluer sans se dénaturer et mieux encore, sans s'aliéner le public qui l'avait découvert avec PARLER AUX ANGES.

Cette dualité demeure aussi vraie pour les textes : les chansons aux textes plus légers côtoient ceux plus introspectifs de RACONTEZ-MOI UNE HISTOIRE ou de L'ILLUMINÉE.

Il est vrai que l'album sonne plus rock. Un rock plus travaillé, richement orchestré. Même lorsqu'elle verse dans la pop radiophonique, Nancy Dumais ne peut s'empêcher de le faire avec la qualité qu'on voudrait voir transformer en norme dans les productions québécoises.

*** 1/2

Pierre-Mathieu Tremblay